Note sur l’impact de la guerre en Ukraine sur l’Afrique

Le 24 février 2022, le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine annonçait le déclenchement d’une opération militaire spéciale en Ukraine. À la suite de cette annonce, les troupes russes se sont déployées sur le territoire ukrainien.

Cette note rédigée à la date du 10 mars 2022 donne quelques éléments de compréhension de l’importance de ce conflit pour l’Afrique ainsi que les premières pistes de travail pour les pays africains.

I – Aperçu des relations entre les pays en conflit et l’Afrique

La relation entre l’Afrique et les pays actuellement en guerre ne date pas d’aujourd’hui. Dans les années 60, de nombreux pays africains entretenaient des relations diplomatiques, économiques avec l’URSS qui comprenaient la Russie et l’Ukraine. En dépit de la fin de la Guerre froide et de l’effritement de l’URSS au début des années 1990, les relations entre l’Afrique et ces pays ont perduré. D’un côté, la Russie a hérité des prés-carrés soviétiques en Afrique en matière de coopération militaire et d’industrie lourde. De l’autre, l’Ukraine a augmenté ses échanges en produits tels que le blé, le sucre, le métal laminé ou les engrais chimiques avec les pays africains.

Relation Russie – Afrique

  • Les relations entre la Russie et l’Afrique ont connu un regain de vitalité au deuxième mandat de Vladimir Poutine (2004-2008). Cette vitalité s’est traduite d’abord par une logique de « diplomatie économique » et concerne des pays (Algérie, Libye, Angola, Namibie, Guinée…) dans lesquels l’Union soviétique avait investi d’importantes ressources entre la fin des années 1950 et la Perestroïka.
  • Elle s’est ensuite traduite par une forte implication sur les plans politiques et sécuritaires aux côtés de certains pays faisant face à d’importantes crises et défis politiques (Lybie, Soudan, Ethiopie, Centrafrique, etc).
  • Elle a culminé en 2019 par l’organisation du sommet Russie – Afrique qui a vu les 54 pays du continent représentés, dont 45 au niveau des chefs d’État. Plus de 50 accords d’une valeur de 800 milliards de roubles (7 424 595 200,00 USD ont été signés
  • En 2018, les exportations russes vers l’Afrique s’élevaient à 17,5 milliards de dollars. Les exportations de l’Afrique vers la Russie s’élevaient à 2,9 milliards de dollars. Entre 2003 et 2018, le montant total des investissements des capitaux russes investis dans les Etats africains par les grandes entreprises s’élevaient à 47 milliards de dollars.
  • Les pays africains ont importé des produits agricoles d’une valeur de 4 milliards USD en 2020, provenant de Russie. Environ 90 % de ces produits étaient du blé, et 6 % de l’huile de tournesol. Les principaux pays importateurs étaient l’Égypte, qui représentait près de la moitié des importations, suivies du Soudan, du Nigeria, de la Tanzanie, de l’Algérie, du Kenya et de l’Afrique du Sud.

Relation Ukraine – Afrique

De relations économiques anciennes et importantes

  • Du fait de la bonne qualité de ses terres agricoles, l’Ukraine fournit un cinquième des volumes de maïs consommés dans le monde, ainsi que 80 % de la production mondiale de tournesol. Ce dernier étant, avec le soja, l’un des principaux éléments utilisés pour l’alimentation animale.
  • Les échanges entre l’Ukraine et l’Afrique s’élevaient, en 1996, à 210 millions de dollars et ont dépassé les 4 milliards de dollars en 2020. Les investissements directs ukrainiens ont atteint 810 millions de dollars en 2020.
  • Kiev était un important fournisseur de l’Afrique. Notamment dans des secteurs comme ceux du blé, des équipements agricoles ou encore des produits de métallurgie…
  • De nombreux pays africains entretiennent des rapports commerciaux solides avec l’Ukraine depuis les années 1960 : Maroc, Nigéria, Guinée, Mali, Angola, Ouganda…
  • L’Ukraine a exporté pour 2,9 milliards de dollars de produits agricoles vers le continent africain en 2020. Environ 48 % de ces produits étaient du blé, 31 % du maïs, le reste étant constitués d’huile de tournesol, d’orge et de soja.

Une terre prisée pour les étudiants africains

  • L’Ukraine est aussi une destination de choix pour les étudiants africains, surtout pour ceux désirant devenir ingénieurs ou médecins.
  • Selon les autorités ukrainiennes, près de 76 000 Africains, toutes nationalités confondues mais majoritairement des étudiants, sont aujourd’hui établis en Ukraine.
  • Parmi les dix premiers pays d’origine des étudiants étrangers, trois sont africains : le Maroc (8 000 étudiants), le Nigeria (4 000) et l’Égypte (3 500) font partie des rares à disposer d’une ambassade à Kiev, avec l’Afrique du Sud, l’Algérie, la Libye et le Soudan.

La Russie et l’Ukraine importent peu du continent africain

Les importations agricoles de la Russie et de l’Ukraine en provenance du continent sont marginales – seulement 1,6 milliard USD en moyenne au cours des trois dernières années. Les produits dominants sont les fruits, le tabac, le café et les boissons dans les deux pays.

II – Réaction de l’Afrique à l’invasion de l’Ukraine par la Russie

1 – Premières réactions de l’Afrique au lendemain de la déclaration de guerre ?

Pays

Réactions

Union Africaine  
  • L’Union africaine (UA) a fait part, le 24 février, de son « extrême préoccupation face à la très grave et dangereuse situation créée en Ukraine ».
  • Dans un communiqué signé du Sénégalais Macky Sall, président en exercice de l’UA, et du Tchadien Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’institution, l’organisation panafricaine appelle « la fédération de Russie et tout autre acteur régional ou international au respect impératif du droit international, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale de l’Ukraine ». Tous deux « exhortent les deux parties à l’instauration immédiate d’un cessez le feu et à l’ouverture sans délai de négociations politiques sous l’égide des Nations unies », mettant en garde contre les « conséquences d’un conflit planétaire ».
Afrique du Sud
  • A travers sa ministre des affaires étrangères, Naledi Pandor, l’Afrique du Sud a « appelé la Russie à retirer immédiatement ses forces d’Ukraine », en insistant « sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États ».
  • Elle a aussi indiqué dans un communiqué “Un conflit armé entraînera sans aucun doute des souffrances humaines et des destructions, dont les effets ne toucheront pas seulement l’Ukraine mais se répercuteront également dans le monde entier. Aucun pays n’est à l’abri des effets de ce conflit”.
  • Par la suite, le Président Cyril Ramaphosa s’est proposé d’engager des discussions avec la Russie et les États-Unis « pour que cette guerre cesse », lors d’une réunion intergouvernementale organisée à Pretoria le 25 février 2022.
Pays africains membres non permanents du Conseil de sécurité
  • Le Kenya, puissance économique de l’Afrique de l’Est et membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, a condamné la Russie. Dans un discours, l’ambassadeur du Kenya au Conseil de sécurité des Nations unies, Martin Kimani, a déclaré : “L’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine sont violées. La charte des Nations unies continue de se flétrir sous l’assaut incessant des puissants.”
  • Le Ghana et le Gabon – les deux autres États africains membres du conseil de sécurité des Nations unies – ont également condamné la Russie.
Pays qui ont une coopération militaire étroite avec la fédération de Russie
  • Au lendemain du déclenchement des opérations russes en Ukraine, ni le Mali ni la République centrafricaine ne s’est prononcé en faveur de l’intervention de la Russie, bien que les forces russes aident ces gouvernements à combattre les insurrections.
  • L’Éthiopie, amie traditionnelle de la Russie depuis l’empereur Hailé Selassié Ier et signataire d’importants accords de coopération militaire avec Moscou en juillet 2021 après des sanctions américaines décidées contre Addis Abeba au lendemain de la guerre en Érythrée, a gardé le silence.
  • Certaines autorités du Soudan et de l’Ouganda ont soutenu l’invasion russe de l’Ukraine. A titre de rappel, le Soudan, qui a autorisé en décembre 2020 la construction d’une base navale russe à Port-Soudan, est l’un des pays d’Afrique où le groupe de mercenaires russes Wagner est fortement implanté.
Pays du Maghreb
  • Au Maghreb, l’Algérie, très liée à la Russie dont elle est un client assidu des industries d’armement, a gardé le silence.
  • La Tunisie, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères, Othman Jerandi, invité à l’ambassade ukrainienne de Tunis le 24 février, a condamné officiellement « l’agression armée de la Russie » et appelé à soutenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

2) Réactions des pays africains au moment du vote de la résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le conflit en Ukraine 

Pas de front commun à l’ONU

Une résolution contre l’invasion russe a été adoptée mercredi le 2 mars avec une marge massive de 141 votes favorables sur les 193 États membres de l’Assemblée générale des Nations unies.

28 pays africains ont voté en faveur de la résolution condamnant l’invasion russe.

Quelque 17 pays africains se sont abstenus lors du vote à l’Assemblée générale de l’ONU. Il s’agit de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de l’Ouganda, du Burundi, du Sénégal, du Sud-Soudan, du Mali et du Mozambique. Les autres pays étaient le Soudan, la Namibie, l’Angola, le Zimbabwe, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, Madagascar, la Tanzanie et le Congo.

L’Érythrée est le seul pays africain à avoir voté contre la résolution.

8 pays africains n’ont pas voté.

II – Aperçu des impacts de la guerre en Ukraine sur l’Afrique

1 – Sur le plan humanitaire : L’urgence d’un accompagnement des africains résidant en Ukraine

Avec l’éclatement de la guerre, leur sécurité suscite de plus en plus d’inquiétudes.

Macky Sall, le président sénégalais et président en exercice de l’Union africaine (UA) et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA, ont exprimé « leur extrême préoccupation face à la très grave et dangereuse situation créée en Ukraine » dans un communiqué conjoint, appelant « la Fédération de Russie et tout autre acteur régional ou international au respect impératif du droit international, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale de l’Ukraine ».

2 – Sur le plan économique

Cette guerre en Ukraine entraînera plusieurs conséquences.

 1 – Montée en flèche des prix de l’énergie
Hausse des prix du pétrole

  • Sur les marchés, l’entrée des troupes russes en Ukraine a propulsé le prix du baril de pétrole au-dessus de la barre des 100 dollars – une première depuis 2014, année de l’annexion de la Crimée par la Russie.
  • La crainte d’une rupture des flux d’approvisionnement a même provoqué une nouvelle envolée de 9 % dès le 25 février, à 105,79 dollars le baril qui pourrait se poursuivre si des sanctions sont prises contre la Russie, fournisseur de 11,5 % de l’offre mondiale en tant que deuxième exportateur de brut au monde.
  • Les budgets des pays producteurs de pétrole comme le Nigéria et l’Angola pourraient bénéficier d’un coup de pouce grâce à la hausse des prix. Ce qui ne sera pas le cas pour les pays non producteurs de pétrole.[1]
  • Pendant que les premiers devraient dégager suffisamment de cash pour rembourser leurs dettes auprès des bailleurs internationaux, les seconds risquent de voir leur facture énergétique atteindre de nouveaux sommets.
  • En impactant le prix des carburants, cette hausse du pétrole va également provoquer celle du transport et donc de la plupart des biens de consommation sur le continent, avec un risque réel de ralenti.
Hausse des prix du gaz naturel

  • Toujours au chapitre énergétique, les prix du gaz naturel sont également montés en flèche pour gagner près de 40 % lors des premières heures du conflit
    • L’Europe s’inquiète en effet de voir ses relations se détériorer durablement avec un voisin qui lui fournit chaque année près de 40 % de ses besoins énergétiques.
  • Une opportunité à saisir pour les pays producteurs africains, comme l’assure Samia Suluhu Hassan, la présidente tanzanienne, pour qui « cette crise va provoquer un intérêt particulier pour le gaz africain », dont son pays, ainsi que le Mozambique, la Mauritanie, le Nigeria, le Sénégal et plus encore l’Algérie pourraient profiter.
  • Le président Abdelmadjid Tebboune a d’ailleurs tenu à rassurer ses partenaires européens, affirmant dès le 24 février que l’Algérie était en mesure « de respecter ses engagements en matière d’approvisionnement en hydrocarbures, notamment le gaz naturel ».
 2 – Des prévisions de hausse des prix de certains minerais
 Evolution des prix de la bauxite et de l’or en hausse

  •  Si les prix de la majorité des minerais ont peu bougé dans leur grande majorité, il est possible que la situation évolue au fur et à mesure de l’évolution de la guerre.
  • Au lendemain du déclenchement de la guerre, le seul changement notable a été celui de la bauxite principal composant de l’aluminium qui a battu des records historiques.
  • La Guinée est un gros producteur de bauxite et la Russie reste l’un des principaux producteurs mondiaux.

Hausse des prix de l’or

  • Valeur refuge par excellence, l’or vient a enregistrée au lendemain de l’entrée en guerre sa meilleure cotation depuis un an et demi, en gagnant 3 %, établissant l’once à 1 974 dollars.
  • Une hausse dont le Ghana, l’Afrique du Sud, le Mali et le Soudan (entre autres) devraient bénéficier.

Hausse des prix des autres minerais

  • La poursuite du conflit pourrait néanmoins provoquer une hausse à moyen terme de certains minerais largement détenus par la Russie, du nickel à l’étain, en passant par le palladium, le platine ou encore le cuivre.
  • Autant de richesses dont regorgent également les sous-sols africains.
 3 – Une forte hausse du prix des produits céréaliers
  • La Russie et l’Ukraine assurant ensemble plus d’un tiers de la fourniture mondiale de blé, le boisseau a atteint les 9,29 dollars à Chicago, son prix le plus élevé depuis neuf ans.
  • Le continent est particulièrement concerné puisque l’Afrique du Nord reste l’une des deux principales régions au monde, avec le Moyen-Orient, à dépendre de ces importations de blé.
    • Avec 13 à 14 millions de tonnes achetées chaque année, l’Égypte est ainsi le premier acheteur planétaire de blé russe. Les autorités viennent d’annoncer disposer d’une réserve de quatre mois.
    • L’Algérie s’approvisionne également auprès de Moscou, premier exportateur mondial, à hauteur de 10 % de ses besoins, pendant que le Maroc (12 %), la Tunisie (48 %) et la Libye (43 %) ont, eux, fait le choix de se fournir auprès de l’Ukraine, quatrième vendeur de blé au monde.
    • En Afrique subsaharienne, des pays comme le Togo, le Cameroun, le Sénégal ou le Nigeria, qui s’approvisionnent toujours plus auprès de la Russie, pourraient également être fortement concernés.
  • La hausse spectaculaire du cours de la céréale la plus consommée sur la planète fait donc craindre une augmentation du pain, mais aussi des pâtes et de la semoule, réactivant le spectre des « émeutes de la faim », qui avaient déjà secoué le continent africain entre 2008 et 2012.

La combinaison de ces conséquences laisse peser de graves risques de déflagration sociale dans les pays africains déjà fortement éprouvés par plusieurs situations de fragilité ainsi que la pandémie de la Covid – 19.

3 – Sur le plan politique

En plus de menacer les économies africaines, la guerre en Ukraine pourrait avoir un effet dévastateur sur le plan politique et diplomatique sur certains États africains. Les gouvernements africains pourraient en effet subir des pressions diplomatiques pour prendre parti dans l’escalade de la querelle entre la Russie et les puissances occidentales.

La guerre en Ukraine va entrainer une hausse des dépenses militaires dans les pays riches en vue de leur réarmement. Ces hausses des dépenses militaires, qui interviennent après une crise Covid-19 qui a fortement pesée sur la trésorerie des états, se feront au détriment des dépenses pour s’attaquer aux défis majeurs que sont la pauvreté, les pandémies, l’éducation, les inégalités et la crise climatique.

Cette guerre entraînera enfin des conséquences potentielles et imprévisibles dans les pays en crise dans lesquels Russes et Occidentaux s’affrontent déjà tels que la République centrafricaine, le Mali, le Soudan, la Lybie, etc.

III – Les domaines d’actions urgents et prioritaires pour les Etats Africains

Les Etats Africains doivent agir au moins à trois niveaux :

Sur le plan humanitaire, il est important que l’Afrique agisse rapidement.  A défaut d’adopter une stratégie continentale, les communautés régionales économiques devraient s’organiser pour :

  1. Mettre en place des dispositifs pour faciliter l’extraction des ressortissants africains des zones de guerre et leur retour dans leurs pays respectifs. Une mutualisation des moyens pourrait être d’une valeur ajoutée certaine.
  2. Activer tous les réseaux et les mécanismes diplomatiques pour un traitement équitable des ressortissants africains dans les pays européens. Veiller particulièrement à ce que ces derniers ne subissent pas des traitements discriminatoires tels que l’on a pu les observer aux frontières de certains pays à l’aube de cette guerre.
  3. Mettre en place des dispositifs pour assurer la continuité des formations dans d’autres pays pour les ressortissants africains dont les études sont durablement interrompues ou compromises. Une partie significative des étudiants se spécialisaient dans les métiers de l’ingénierie et de la médecine. Domaines très importants pour les pays africains.

Sur le plan économique, il est important de :

  1. Prendre des mesures au niveau national, régional et continental pour atténuer les effets négatifs de cette crise. Ceci suppose des concertations entre les Gouvernements et les forces vives africaines pour trouver les moyens adéquats de soutien des populations les plus vulnérables.
  2. S’organiser également aux niveaux national, régional et continental pour saisir les opportunités que cette situation pourrait occasionner. Des opportunités existent pour des pays de devenir des fournisseurs pour l’Europe engagée dans un processus de réduction de sa dépendance à l’égard de la Russie. Mais plus important, il est nécessaire d’accélérer la transformation structurelle des économies africaines dans le but d’assurer la souveraineté alimentaire du continent. Après la pandémie de la COVID – 19, la guerre en Ukraine est un rappel de l’urgence du développement des capacités productives africaines.

Sur le plan politique et diplomatique, les Etats africains gagneraient à :

  1. Se concerter pour réaffirmer leurs valeurs, leurs intérêts et présenter des positions communes dans toutes les instances internationales dans lesquelles ils seront appelés à se prononcer.
  2. Contribuer à l’obtention d’un cessez – le – feu et à une recherche de solutions durables qui prennent en compte les intérêts de l’ensemble des parties prenantes de système international.
  3. Intensifier les concertations avec leurs divers partenaires pour que les engagements pris en faveur des projets de développement et de la résolution des crises en Afrique soient maintenus voire intensifiés.
  4. Tirer toutes les leçons politiques et géopolitiques des conséquences de ce conflit majeur à l’est de l’Europe.

Ces trois axes de travail sont des éléments minimaux pour les Etats africains au niveau individuels et collectifs pour faire face à ce bouleversement important qui survient actuellement dans le monde.

A propos des auteurs

Cette fiche est réalisée par le Cabinet STRATEGIES basé à Douala au Cameroun. C’est un cabinet spécialisé en leadership et management qui délivre ses services aussi bien en Afrique qu’en Europe et aux Etats – Unis. Le Cabinet STRATEGIES ! accompagne aussi bien les entreprises privées que les institutions publiques nationales et internationales. Il existe depuis 27 ans et est dirigée par Kah Walla.

Sources

Liens d’articles

https://www.dw.com/fr/afrique-ong-guerre-en-ukraine/a-61101326

https://www.bbc.com/afrique/region-60699348

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/03/11/la-guerre-en-ukraine-risque-d-aggraver-l-insecurite-alimentaire-en-afrique-de-l-ouest_6117139_3212.html

https://afrique.tv5monde.com/information/guerre-en-ukraine-face-la-hausse-des-prix-du-ble-les-pays-africains-tentent-de-sadapter

https://www.lepoint.fr/afrique/russie-afrique-l-economie-au-coeur-du-nouveau-partenariat-21-10-2019-2342587_3826.php

https://www.jean-jaures.org/publication/russie-afrique-une-relation-ancienne-mise-en-lumiere-par-lintervention-du-groupe-wagner-au-mali/

https://www.agenceecofin.com/hydrocarbures/0907-58446-classement-des-pays-africains-selon-le-volume-de-petrole-produit-en-2017

https://fr.obsfr.ru/analytics/notes/10953/

https://theconversation.com/comment-le-conflit-russie-ukraine-pourrait-influer-sur-lapprovisionnement-alimentaire-de-lafrique-178191

https://afrique.le360.ma/maroc-algerie-senegal/politique/2022/02/26/37148-crise-russie-ukraine-un-inquietant-casse-tete-pour-les-pays-africains

Liens des vidéos

En français

https://www.youtube.com/watch?v=W0t8TCCQj4M

https://www.youtube.com/watch?v=IbKGL0OGGJo

https://www.youtube.com/watch?v=6q4CuTMFijU

https://www.youtube.com/watch?v=gyQmN3BZM6E

https://www.youtube.com/watch?v=831xilKv7ds

En anglais

https://www.youtube.com/watch?v=WMrJ2fk-riM

https://www.youtube.com/watch?v=OZBj2C8DU8Y

https://www.youtube.com/watch?v=tyqFrrDamo0

https://www.youtube.com/watch?v=ZkzNYd1pdfg

https://www.youtube.com/watch?v=GQf7B5DGiJM

https://www.youtube.com/watch?v=MjcVTpvQ5MA

https://www.youtube.com/watch?v=SDKUhAlYHYw

https://www.youtube.com/watch?v=hcTqOdhMlhA

https://www.youtube.com/watch?v=wMUmjCgSfXE

  • [1] Il est important de noter que le continent compte 18 pays producteurs de pétrole : Nigeria, Angola, Algérie, Lybie, Egypte, République du Congo, Guinée Equatoriale, Gabon, Ghana, Sud Soudan, Afrique du Sud, Tchad, Soudan, Cameroun, Côte d’ivoire, Tunisie, république Démocratique du Congo, Niger.

En dehors d’une douzaine de pays producteurs de pétrole, l’immense majorité des pays africains sont des importateurs nets de pétrole. La dépendance énergétique du continent est très importante.

A New Emphasis on Strategic Planning as Key to the Success of Peace and Security Programs in Africa

A New Emphasis on Strategic Planning as Key to the Success of Peace and Security Programs in Africa

Peace and Security in Africa: What is the situation?

The situation of peace and security in Africa remains alarming, with multiple political and security crises at national and transnational levels. According to Alert 2019!, an annual report on conflict,  human rights and peacebuilding; of the 34 armed conflicts recorded in 2018, 33 were still active at the end of the year, including 16 in Africa. Armed conflicts therefore remain a reality in Africa to which solutions must be found!

Who are the major actors?

Actors in African conflicts are heterogeneous and becoming increasingly more so. Conflicts have traditionally had as protagonists rebel groups and militias opposing regular armies. To this must be added today the waves of protests and popular uprisings that are spreading across countries either because of the longevity of some leaders in power, or simply bad governance. In many countries these are countered with state violence.  Finally, for over a decade, African states have been increasingly facing attacks by terrorist organizations. From Ethiopia to the Sahel via Sudan, the countries of the Lake Chad Basin and the Maghreb, the continent is now a solid base for various jihadist groups and the scene of numerous terrorist attacks. Al-Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM), Islamic State (IS) organization, Boko Haram, Al-Shebab, Al-Murabitoune, Ansar al-Sharia, Ansaru, etc. are all jihadist groups that regularly operate on the continent, creating multiple and sometimes vast areas of instability. Boko Haram is the most active and deadly actor in West Africa. Since 2009, this group has recorded more than 2,350 events and caused more than 27 000 deaths (ACLED data September 2019). In the Horn of Africa, more than 8,400 events involving Al-Shabaab since 2008 have claimed more than 22,000 lives (ACLED data September 2019).

What are the current major hotbeds of instability in Africa?

In 2018, the African continent hosted the largest number (16) of the 34 armed conflicts in the world (47%). A third (5/16)  of these conflicts were of high intensity and were located in Libya, Mali, in the region of Lake Chad (Boko Haram), Somalia and South Sudan  (Alert! 2019). The most affected conflict areas in 2019 form a belt across the continent from the Maghreb, to the Sahel Zone, through the Lake Chad Basin, into the Horn of Africa and the Great Lakes Region as The Armed Conflict Location & Event Data Project, from ACLED presents.

Source: https://www.acleddata.com/dashboard/ September 2019.

 

What are the major factors contributing to conflict in Africa?

The complexity of the current situation of peace and security in Africa stems from the multiplicity of threat factors as well as the manner in which these factors feed upon one another and create cyclical conflict.

cyclical conflict.

Conflicts often arise from the lack of good governance linked to struggles for power and resources.  Poor governance results in economic difficulties, high rates of unemployment, lack of social services, etc.  Some governments feeling threatened will focus on conserving power rather than delivering services to the population. Conserving power is done through a variety of mechanisms including removing term limits, confiscating power at all levels including the judiciary and legislative, rigging elections to the point where they become power conservation tools, etc.

To make these power conservation mechanisms effective, governments will use ethnicity, religion, violence, electoral fraud, etc.  This will result in large groups in the population feeling disenfranchised and marginalized, creating fertile ground for recruitment by groups who have chosen to fight with arms. The presence of such groups will further threaten the government which will crack down with increased violence and the cycle continues.

Due to prolonged conflicts, today some states have large ungoverned spaces lacking in government security, basic services and administrative institutions, therefore opening the way for all manner of illegal activities. Armed groups as well as government factions illegally exploit mineral resources, levy illegal taxes on commercial activities and extort the population in order to finance themselves and enable a steady stream of weapons into the continent. The illicit circulation of these weapons together with mercenary activities continue to fuel insurrections and rebellions.

It is the complexity of this context which requires that we take a look again at the strategic planning tool for peace and security programs on the continent.

 

Strategic Planning, a key tool for peace and security programs in Africa

National governments, state agencies, international organizations and NGOs all try to find solutions at sub-national, national and regional levels to the complex situations described above.  For institutions and organizations trying to build peace, regularly assessing the situation on the ground and developing or adapting approaches and programs to end conflict and build peace is a challenging, complicated endeavor.

In this context, the strategic planning process becomes ever more important.  Both national institutions and international organizations must resist falling into a trap that makes planning routine or superficial.  Strategic planning provides the opportunity to periodically carry out an in-depth analysis of the conflict situation, obtain a better understanding of the actors and dynamics at play in order to develop strategies that adequately address the situation on the ground.

After years of assisting institutions and programs that work on conflict management and peacebuilding, STRATEGIES! has realized that in addition to the classic strategic planning methods, five key tools enable programs to carry out more robust and realistic planning.

 

Finally, at STRATEGIES! we have learned the importance of building peace from the ground up.  This means that strategic planning for peace programs must also be structured in several phases that involve stakeholders from the grassroots to the grass tops. National and international level political decision-makers will only make good decisions if they are informed by those experiencing and dealing with conflict at grassroots level.

 

It is therefore important to structure the strategic planning process as a process with facilitates inclusive dialogue and inclusive decision-making.  This suggests more time, effort and resources must be dedicated to the strategic planning process in peacebuilding programs at the time of conception and throughout the life of the program.

 

The old saying “who fails to plan, plans to fail” is especially true when we are in the complex arena of ending conflict and building peace.

 

For more than a decade, STRATEGIES has collaborated with local, regional and international organizations in the areas of good governance, conflict resolution and post-conflict reconstruction. Through its work, STRATEGIES! supports government agencies, organizations and international and regional institutions in developing effective and innovative strategies to address the complex challenges of improving local, national and regional governance structures for peace and security in Africa.